Adapter son équitation aux Grands Espaces

L’équitation des grands espaces est une équitation différente, du fait de la durée en selle pour le cavalier et la durée de l’effort pour le cheval, mais aussi par la recherche d’une liberté commune, d’une relation au cheval différente où il ne s’agit plus de le contrôler mais d’évoluer ensemble dans une confiance réciproque et un partage des tâches.
 
Cette différence va nécessiter de votre part une adaptation de vos positions et équilibres pour tenir des allures soutenues sur de longues distances, sans vous fatiguer et surtout sans créer d’inconfort pour votre cheval dans sa locomotion naturelle.
 
Comme le cheval nous supporte longtemps (physiquement et psychologiquement) la légèreté, l’absence de contraintes, le respect et la compréhension de sa locomotion naturelle sont le coeur de notre devoir de cavalier pour l’aider à nous porter et à nous supporter.
 
Du contrôle (nécessaire sur le parcours d’obstacle ou la reprise de dressage) , il faudra accepter de faire confiance, de déléguer des tâches, de chercher des moyens de communication sans contraintes…

 

Dans les grands espaces, c’est le moyen qui compte et non le résultat. Et si nous cherchons le plaisir de la liberté, il faut accepter de la rendre à notre partenaire équin (sous contrat) pour qu’il puisse la partager avec nous.

Pour qui ?

  • Vous êtes un(e) cavalier(e) confirmé(e) autonome aux 3 allures, vous avez suivi une formation équitante classique orientée vers l’obstacle et la compétition (à partir du niveau galop 4) et avez participé à 1 ou 2 sortie "Découverte Confirmé".

Nous vous proposons de découvrir une autre équitation, pour chevaucher sereinement (et dans la durée) en harmonie dans les grands espaces.

Objectif de ce parcours : trouver des équilibres plus adaptés (plus liés à l'endurance qu'au CSO ou au dressage sportif), oublier ses techniques pour mieux ressentir, et se positionner comme un référent pour le cheval et le troupeau afin de créer cette relation de confiance et de partenariat indispensable à l'aventure des Grands Espaces.

A l’issue de ce parcours vous aurez passé 39 heures en selle, ainsi que 22 heures autour du cheval pour sa connaissance, sa compréhension et ses soins. (Comparativement un an de cours collectif d’une heure par semaine représente 36h en selle).

A la fin du parcours vous pouvez participer :

  • Aux sorties « expériences confirmés » 

  • Aux événements de l’association (escapades, randonnée, …) 

  • Continuer votre formation pour concevoir et gérer votre escapade en liberté

 

TARIFS

  • 4 demi-journées + une journée + stage débridé : 660 euros en weekend /620 en semaine.

  • 1 sortie de nuit : 74 euros

  • Weekend avec découché : 180 euros + hébergement

  • Licence : 36 ou 40 euros selon la fédération choisie

  • Adhésion : 20 euros

  • Manuel : 23€

EQUIPEMENT A PREVOIR

Casque

Mini-chaps (disponible en vente sur place 24€)

Cape de pluie (disponible sur place 64€)

Chaussures de marche

Gourde et thermos

Lampe frontale 

Gilet jaune

Stick de dressage et mousqueton 10€

Livre support "Devenir Cavalier des Grands Espaces"  (23 euros)

La petite histoire de la Chevauchée Débridée

Un jour, des cavaliers voyageurs décident pour voir, au cours d'une promenade dynamique de retirer filet, mors et rênes de la tête de leurs chevaux voyageurs.

Ô Déception! Il ne se passa rien, ou plutôt tout se passa comme d'habitude, en dehors du plaisir de les voir tête nue et de ne pas savoir quoi faire de leurs mains (depuis, ils rangent leurs mains dans les poches par jour de grand froid ou roulent des cigarettes).

Il ne s'agit ni de liberté, ni d'une approche'"équitation éthologique". Nos chevaux n'ont jamais été "codés" avec un licol éthologique, ils ont beaucoup randonnée et voyagé. Ils vivent en troupeau, ils sont biens dans leur tête, ils ont une relation saine avec les humains.

Ils ne sont pas "libres" dans ces chevauchées débridées, ils sont au travail, en promenade.

Donc comme d'habitude, ils adaptent leurs allures au terrain, gèrent leur équilibre, choisissent leurs trajectoire dans le virage, changent de pied, choisissent le sol qui leur convient, repassent au pas à la vue d'un piéton, se rangent à droite sur la route au bruit d'un moteur, s'arrêtent à l'intersection et regardent à droite et à gauche avant de traverser, choisissent sauf indication contraire du cavalier le chemin le plus court vers la maison... Bref, ils font leur travail de chevaux des grands espaces.

En quoi consiste le votre? D'avoir et de tenir un équilibre qui ne perturbe pas le leur, de donner quelques indications si nécessaire, de faire confiance à leur bon sens et à leur expérience, de ne pas vous fatiguer pour ne pas les fatiguer en compensant vos mauvais équilibres et positions,  et c'est déjà beaucoup.

Par exemple, mon cheval a vu bien avant moi la présence d'une flaque d'eau sur un chemin galopant. Il a décidé depuis longtemps de sa trajectoire (la contourner par la droite, par la gauche, la traverser ou la sauter) et m'a averti de son intention (si j'ai su l'écouter). Si je suis un cavalier des grands espaces, je n'ai ni égo ni avis concernant cette trajectoire. Je trouve mon cheval intelligent de chercher à contourner une difficulté plutôt que faire un effort inutile (sauter). Le cheval perçoit son environnement différemment de moi, c'est un herbivore qui n'aime pas prendre des risques et cherche à la fois à s'économiser et la sécurité.

Je pourrais le convaincre de la sauter ou la traverser, en lui demandant de se fier à moi, et il le ferait. Mais je préfère économiser mes cartouches de confiance pour les situations où ce sera nécessaire afin de préserver ma crédibilité, par exemple lorsque je lui demanderai de traverser un marais au galop en Camargue, d'une part parce que c'est très plaisant pour moi, d'autre part parce que contourner le marais rallonge l'étape de 5km. Il s'y engagera plein galop, en se fiant entièrement à moi. La nature du sol dans le marais est bien plus dangereuse avec les sables mouvants que celui de la flaque d'eau, et j'ai intérêt à être sur(e) de moi parce que si le cheval se trouvait par ma faute dans une situation dangereuse ou stressante, je perdrais alors toute cette confiance et je ne pourrais plus lui demander de se fier à moi dans les situations délicates.

C'est ça, un cheval des grands espaces, et c'est ça un cavalier des grands espaces. 

Et la chevauchée débridée permet de ressentir en 2 1/2 journées ce que vous auriez peut-être ressenti après 3 mois de voyage.